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Little K

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Les sculptures et installations de l’artiste Little K sont des objets emblématiques du mouvement hip-hop redits en carton. Son origine pleine de spontanéité est ré-invoquée par ce matériau proche à chacun, facilement disponible et transformé avec des outils accessibles à tous, car le hip-hop s’est d’abord exprimé avec les moyens du bord.

Animé du plaisir de recréer, il fabrique des objets dont l’esthétique combine qualité plastique, astuces créatives et valorisation d’un matériau récupéré. Cet acte s’accomplit dans le choix d’objets qu’il aurait voulu avoir. Enfant, Little K voulait partir dans l’espace, c’est pourquoi il a construit une fusée. Ado, il voulait avoir un Booster MBK (scooter à la mode dans les années 90), un platine mk2, etc… le carton répond de manière alternative à ces désirs tout en questionnant notre part d’enfance.

André Kim, aka Little K, est né en 1982 à Colombes. Il passe un Bac STI génie Mécanique Productique, pour « dessiner des boulons normés » explique-t-il, à défaut de dessiner pour le plaisir. Il lui faut emprunter un chemin qui aboutisse à quelque de chose de sérieux aux yeux de ses parents. Le bac en poche, il entre à l’Université Paris 8 en Arts Plastiques, où il peut enfin prendre le temps et la liberté d’explorer l’univers des arts.

Il se met à façonner des petits bonshommes à capuches en pâte à modeler, qu’il pose dans des lieux publics, urbains, quotidiens. Ces petits personnages colorés, posés au hasard des déambulations, permettent une rencontre directe entre les passants et les oeuvres, en toute indépendance. Pas besoin d’intermédiaire, de galerie ou autre institution artistique. La mise en scène dans des lieux publics permet aussi une valorisation de lieux qui sont parfois peu valorisés. Cette série appelée Chill Out, est une réponse au focus négatif des médias sur les banlieues françaises à cette époque. Les Chill out proposent une vision tranquille, calme et poétique du quotidien dans une banlieue. Elle évoque également un rapport à l’art simple et immédiat.

En parallèle de ce travail, Little K devient animateur en centre de loisirs. Il est très intéressé et attentif à ce qui influence les jeunes, ce qui nourrit leur imaginaire. Lors d’une discussion avec eux, les enfants évoquent les contenus de clips de rap US, les mises en scène avec grosses voitures, accessoires clinquants. L’artiste-animateur décide de travailler sur cette notion de blingbling. Ils créent des répliques des accessoires emblématiques de cette culture hiphop, en utilisant le carton. De là est venue l’idée de créer pour lui-même une série qui détourne les codes de la culture hiphop, ou qui reprend des objets qui alimentaient ses désirs d’adolescent, en faisant des répliques en carton de ces objets. Avec le temps ce travail évolue et l’artiste s’inspire d’univers de plus en plus variés pour ces créations : animaux gigantesques, mises en scène de vie quotidienne…

Expositions personnelles :

2018 : On pousse les murs – Espace Prévert – Savigny-le-Temple

2017 : A l’origine les battements de nos coeurs – Centre Ken Saro-Wiwa – Paris

2015 : Je m’en vais – Centre Georges Pomp It Up – Nancy –

Expositions collectives :

2018 : Memo – Pavillon Carré de Baudouin

2013 : Inspirations d’ailleurs – Vitrines du Printemps Haussmann – Paris

2013 : Let’s rock and pop ! – Hôtel de ville – Aulnay-sous-bois

2011 : Green attitude – Studio 13/16, Centre Pompidou – Paris

Autre :

2012 : Chef décorateur pour le court métrage « L’Objection » réalisé par Moane Rosello

– Bonjour Little K, pourrais-tu te présenter, nous raconter un peu ton histoire, ton parcours et comment tu en es venu à travailler ces objets/installations en carton ?

– Je suis né le 17/08/1982. J’ai grandi dans le quartier des Fossés-Jean à Colombes ville de Candeloro et du Stade Yves du Manoir, celui des premiers jeux olympiques organisés à Paris. Mon enfance c’est le quartier avec son centre de loisirs, sa bibliothèque, l’école et ses billes et calots, le collège préfa de style Pailleron qui crame en 7 minutes (c’est ce qu’on nous disait pendant les simulations d’incendie).

Une de mes tantes était artiste/prof à la fac d’art-plastique de Saint-Denis à ce qu’on m’avait dit. L’art pour moi ça restait très lointain mais je me rappelle dessiner par terre dans sa chambre pendant qu’elle faisait des dessins préparatoires pour des mosaïques ou des vitraux. C’est peut-être ma tante qui a mis sans le vouloir la graine créative en moi. Lorsqu’elle est décédé alors que j’étais en fin d’adolescence, j’ai reçu son chevalet. J’aimais bien dessiner mais mes parents ne comprenais pas ce choix qui n’aboutissait à rien de sérieux : « Pour quoi faire ? » Du coup, j’ai feinté en choisissant de faire un STI génie Mécanique Productique pour « dessiner des boulons normés »… Pas de créativité bien entendu mais j’ai appris à faire des plans et à jouer au foot avec Tiago le portugais qui te fais des trous dans le mur tellement il tire fort. Et moi, j’aimais être le gardien en face de lui. Le bac en poche qui me sert à rien, j’ai tenté de rentré dans une filière publique d’art-appliqué car moins cher. Je n’ai pas réussi les concours et en attendant l’année d’après je suis entré à la fac d’art-plastique de Paris 8. Alléluia, je suis sorti de mon trou et ai découvert un univers de pensées, de pratiques artistiques, d’histoires, d’étudiant(e)s venant de partout dans le monde mais surtout la liberté de se trouver en tant qu’ »artiste ».

Pas facile, il faut que toutes ces nouvelles connaissances soient digérées et que je comprenne ce que je voulais faire. Je n’avais pas beaucoup d’argent, je n’avais pas beaucoup d’espace pour vivre, le matériel coûte l’air de rien, je privilégiais le voyage à l’époque.

A un moment où j’éprouvais le besoin de travailler sur un matériau à modeler en essayant de ne pas figer les formes, j’ai commencé une pratique vraiment fondé sur mon vécu. Il y avait à ce moment une grosse focalisation médiatique sur la banlieue et ses jeunes « à problème ». J’avais des flash de souvenirs d’enfances comme une émission sur la 2 pour laquelle la prod’ avait demandé à des amis de jeter un frigo depuis le toit d’un immeuble. Moi, mon expérience du quartier c’était d’être là posé, à discuter, tranquille. De tout cela est sorti la fabrication, avec de la pâte à modeler, des bonhommes à capuches vides. Ils étaient de petites tailles avec des attitudes relâchés, à milles lieux de la violence retranscrite à la télé. Après les avoir cuit dans un four lambda je pouvais les poser et j’ai trouvé logique que cela se fasse dans des milieux publics et urbains mais, je me suis permis de les faire voyager avec moi. Pas besoin, de galerie pour exposer, c’était là mon premier gros acte d’indépendance face au besoin d’exposer dans des lieux plus conventionnels. J’aimais bien l’idée de surprendre n’importe qui dans un lieu qui ne paît pas de mine avec un ou des petits bonhommes colorés posé là, à ne rien faire mais qui revalorise un lieu juste par leurs présences.

A côté, je travaillais aussi beaucoup avec les enfants en centre de loisirs. J’y exerçais le rôle d’animateur. Je prenais cela très au sérieux, car j’entends dans la notion d’animer le travail d’insuffler de la vie quelque part. Du coup, j’étais beaucoup dans l’écoute de ce que les jeunes vivaient, ce qui parcourait leur imaginaire, ce qui les influençait. Je me suis arrêté sur une discussion qu’ils ont eu à propos des clip rap US avec les gangsta qui ont des grosses chaînes et médailles avec des nanas posées sur des grosses bagnoles qui sautillent. On s’est dit, on va faire la même en ce qui concerne le bling-bling. C’était un terme qui revenait beaucoup car c’était au moment où Sarko avait été élu président. Chauffé par cet élan j’ai vu les couches de cartons posé à côté et proposé d’en faire des bijoux bling-bling. On a coupé, le sigle du dollar collé et on avait quelques minutes plus tard des mômes à rigoler de leur créa. Ça m’a parlé. C’est de là qu’est parti la pratique avec le support carton.

De là, c’est moi qui a commence à rigoler de mes créa. J’ai commencé par recréer tous les objets que j’aurai aimé avoir sauf que maintenant ce sont des modèles uniques, ce sont les miens ! Maintenant ça se transforme en des installations à travers lequelles je peux matérialiser ce qui alimentait mes désirs d’enfances ou d’adolescence : aller dans l’espace, faire des burn avec une BMW, avoir connu le terrain vague de Stalingrad,avoir connu le home studio de J-Dilla, etc.

Tout cela je le fais en suivant un procédé. Celui d’essayer de faire au mieux tel un petit artisan avec du matériel simple.

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Oeuvres de Little K

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